livre ouvert

Vous avez écrit un roman, mais votre histoire ne tient pas debout ?

Je comprends, c’est décourageant.

Plus vous avez d’idées, plus vous trouvez votre histoire géniale… Et plus elle devient chaotique. Alors vous repartez à la chasse. Vous tentez de trouver l’Unique idée, l’Elue. Celle qui transformera d’un coup votre roman en chef d’œuvre. Ce qui n’arrive jamais.

Aussi bonnes soient vos trouvailles, le fouillis de vos réflexions reste impénétrable. C’est là qu’est votre problème : vous avez les outils, mais vous n’avez pas la notice. Vous avez les capacités, mais vous ne savez pas les canaliser.

Ce que je vous propose ici : une série d’étapes simples vous aidant à construire la structure d’un roman.

Vraiment ?

Oui, vraiment.

Vous vous demandez si ces étapes vont vous aider ou vous restreindre. Limiter votre imagination. Atrophier votre récit.

Non. Rien de tout ça. Voici 3 bonnes raisons de bâtir son histoire sur de solides fondations.

La colonne vertébrale :

Imaginez un instant, que votre récit soit un être humain.

Vous avez de bons personnages, des rebondissements puissants et surprenants. Ce qui correspond à des bras bien proportionnés, des genoux solides ou des organes fonctionnels.

Très bien.

Maintenant, imaginez que pour créer votre humain (votre histoire) vous vous passiez de colonne vertébrale (de fondations, de bases, d’armature).

Que se passe-t-il ?

Votre humain s’écroule. Il n’est pas une forme harmonieuse et complexe. Il est un tas d’éléments joliment fabriqués. Qui ensemble sont grotesques. D’où l’importance de s’accrocher à une structure.

Oui, il est plus facile de prendre un chaudron. De le remplir avec ses idées. Puis de mélanger cette soupe pleine de grumeaux. Mais dans ce cas, vous n’obtiendrez qu’un gros nœud incompréhensible. À la place, prenez le temps d’agencer une tapisserie subtile et équilibrée. Fil par fil. Idée après idée. Patiemment et sans précipitation.

Les contraintes au service de la créativité :

ampoule

Quand on pense structure, on pense souvent règles puis contraintes. De là, vient une crainte justifiée : et si la structure muselait ma créativité ?

Laissez-moi vous affirmer : ce n’est pas le cas.

Les contraintes (bien choisies) permettent d’être efficace.

Un exemple tout con :

Vous écrivez l’histoire d’un poilu dans les tranchées. Vous voulez faire de votre roman un récit poignant en étant aussi réaliste que possible. BIM ! Une contrainte : vous devez être réaliste. Donc pas de dragon, pas de téléphone portable, pas de vaisseau spatial…

Mais cette contrainte ne bride pas votre créativité ! Elle lui donne une direction. Grâce à cette contrainte (ici volontairement évidente), vous savez ce que vous avez le droit ou non d’intégrer dans votre roman.

Utilisez cette approche. Vous verrez tout de suite que chaque « règle » que vous vous fixez a davantage une fonction de balise. Elle indique à votre imagination vers où se concentrer pour atteindre un objectif précis.

Savoir et prévoir :

Lorsque vous construisez la structure d’un roman, vous avez une vue d’ensemble sur votre futur travail. Vous savez ce qui doit arriver. Vous savez pourquoi cela doit arriver. Et donc vous pouvez préparer le « comment » cela doit se passer.

Vous évitez ainsi les allers-retours incessants entre les chapitres. Vos corrections sont moins nombreuses. Moins longues. En 5 mots : c’est un gain de temps.

Maintenant que vous êtes convaincu de l’utilité de fondations solides, découvrez la méthode étape par étape.

Etape 1 : Choisissez votre héros

héros

Pour commencer, vous devez être sûr de savoir qui est votre « héros ». J’utilise ici le mot héros dans le sens de protagoniste. Il s’agit du personnage qui va vivre l’histoire. Celui qui a un objectif concret et qui va faire face à d’énormes difficultés pour y parvenir. Il n’est donc pas forcément gentil ou héroïque.

Savoir qui est votre protagoniste est important. C’est autour de lui que vous construirez le reste de votre histoire. Pour apprendre à créer un bon protagoniste, je vous invite à télécharger mon ebook de création de personnages.

Attention : Ne pas confondre protagoniste et personnage principal. Ces deux termes ne désignent pas tout le temps le même personnage.

Vous ne voyez pas la différence ?

Voici deux exemples parlants.

Un protagoniste qui est le personnage principal :

Dans Le Roi Lion, le personnage principal est Simba.

C’est de lui que parle l’histoire (le roi lion, c’est lui). Il est le sujet du récit. Mais Simba n’est pas que le personnage principal de l’histoire, il en est aussi le protagoniste.

Qui voit son père mourir ? Qui doit grandir pour assumer ses responsabilités ? Qui essaie de récupérer son trône ? Qui a un oncle malfaisant à affronter ? Simba.

Un protagoniste différent du personnage principal :

Examinons Le Roi Lion 3.

Le sujet est le même. Nous allons découvrir si Simba devient roi. Donc il est encore le personnage principal. Mais il n’est pas le protagoniste. Ici, l’histoire est racontée du point de vue de Timon.

Celui qui a un objectif concret, c’est Timon (vivre paisiblement, heureux).

Celui qui a d’énormes difficultés pour atteindre son objectif, c’est Timon (il est rejeté par les siens ; il est perdu dans des contrées inconnues ; il a trouvé un lieu paradisiaque mais n’a plus d’amis ; il doit affronter des hyènes pour sauver ses amis).

Déterminez bien le protagoniste de votre histoire, puis passez à la suite.

Etape 2 : Soyez généreux sur les faiblesses

fragile

Donnez au moins une grosse faiblesse à votre protagoniste. Celle-ci peut être d’ordre psychologique ou moral.

Votre protagoniste est-il si arrogant qu’on le pousse aisément à la faute ? Ou bien est-il craintif ? Avar ? Complexé ?

Sa faiblesse peut aussi être un trait positif comme l’intégrité, l’honneur ou l’amour.

Les 3 fonctions de la faiblesse :

  • Créer un lien avec vos lecteurs : on s’identifie plus facilement à un personnage lorsque celui-ci souffre.
  • Rendre le but du protagoniste difficile à atteindre : vous pouvez jouer sur la faiblesse du protagoniste pour parsemer son chemin d’obstacles significatifs.
  • Montrer l’impact de l’histoire sur le protagoniste : à la fin, le protagoniste change (ou non) grâce/à cause de ce qu’il a vécu.

Ne vous amusez toutefois pas à pourvoir votre protagoniste de 42 faiblesses différentes. Il peut en avoir plusieurs, mais une est plus importante que les autres. Et surtout, vous devez exploitez cette faiblesse. Si votre personnage est trop impulsif, mais que ce défaut ne se retourne jamais contre lui… C’est peu crédible et ce n’est pas pertinent de l’intégrer à votre histoire.

Voyons cela de plus près.

Un complexe physique :

Cyrano de Bergerac a un énorme nez. Il est moche. C’est un gros obstacle vers son objectif qui est de conquérir le cœur de Roxanne. Mais sa véritable faiblesse, c’est son complexe vis-à-vis de son nez. La mauvaise image qu’il a de lui-même (physiquement) l’empêche de déclarer ouvertement ses sentiments.

L’ignorance :

L’une des faiblesses du protagoniste de Breaking Bad est son ignorance du monde criminel, de son fonctionnement et de ses conséquences.

À plusieurs reprises, Walter White échoue (ou échoue temporairement) à atteindre ses objectifs parce qu’il n’est (au début) pas un vrai criminel. La situation dégénère souvent parce qu’il ignore des choses.

Etape 3 : Démarrez votre histoire

incident déclencheur

Point majeur de la structure d’un roman : l’incident déclencheur. C’est cet événement qui provoque le récit. Qui déclenche une chaîne de causes à effets.

Un bon incident déclencheur doit donc :

  • Pousser le protagoniste à l’action.
  • Clairement se démarquer de la « routine de vie » du protagoniste.
  • Être unique dans votre histoire.

L’incident déclencheur est primordial car il marque le début de votre récit.

Tout ce que vous avez écrit avant l’incident déclencheur devra vous servir pour la suite. Mais ce n’est qu’une phase d’introduction. Vous préparez le lecteur à rentrer dans votre histoire. L’incident déclencheur la fait réellement démarrer.

Erreurs à éviter :

  • Placer votre incident déclencheur trop tard : Si vous avez bien suivi, cela implique de commencer son histoire trop tard également. Vous risquez d’ennuyer vos lecteurs. Ils ne sauront pas ce que vous voulez leur raconter.
  • Créer de faux incidents déclencheurs : Parfois, vous pouvez faire vivre une mésaventure à votre protagoniste avant l’incident déclencheur (pour commencer à le caractériser, par exemple). Cette mésaventure doit être présentée comme un élément « normal » de la vie du protagoniste. Sinon vos lecteurs peuvent penser qu’il s’agit de l’incident déclencheur… Et ils se retrouveront perdus lorsque vous l’introduirez réellement.
  • Choisir un incident déclencheur peu motivant : Après cet événement, votre protagoniste passe à l’action et cela durant tout votre roman. Donc vous avez intérêt à lui donner une bonne raison d’agir. Vos lecteurs s’identifieront d’autant plus s’ils comprennent le désir ardent du personnage.

Examinons les récits policiers :

  1. L’incident déclencheur classique est la découverte du crime.
  2. L’élément « un crime a été  commis » pousse l’inspecteur à chercher des indices pour démasquer le coupable.
  3. Hop ! L’histoire commence pour ne se terminer qu’une fois le mystère résolu.

Etape 4 : Déterminez l’objectif

objectif

Nous en avons parlé plus haut, le protagoniste possède un objectif concret.

Cet objectif doit être :

  • Conscientisé : Votre protagoniste sait ce qu’il veut. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas avoir de désir inconscient. Simplement, il ne s’agira pas de l’objectif central qui motivera votre histoire.
  • Unique : Votre protagoniste a un seul objectif qu’il poursuit jusqu’à votre climax. Il ne change pas d’avis en cours de route. Il n’atteint pas son objectif au milieu de l’histoire.
  • Motivant : Votre protagoniste va souffrir pour atteindre son objectif. La valeur qu’il donne à ce qui est en jeu doit être suffisamment élevée pour le pousser à agir tout au long du récit. Si vous voulez en savoir plus, lisez l’article de Laure du blog La Bêta-Lectrice : la motivation d’un personnage.
  • Difficile : Cet objectif doit représenter un but particulièrement compliqué à atteindre. Si votre protagoniste réussit trop facilement… À quoi bon raconter cette histoire ? Attention, je ne dis pas que votre protagoniste devrait se battre seul contre une armée d’aliens sanguinaires. Je dis simplement qu’il doit rencontrer des difficultés remettant sérieusement son succès en doute.

Votre protagoniste n’est pas une machine. En plus de son objectif principal, il peut en posséder d’autres de moindre envergure.

Je sais, je me contredis.

En fait, votre protagoniste a bien un unique objectif principal (qui motive l’histoire). Mais il peut vouloir d’autres choses. L’important étant que ses autres désirs ne supplantent pas l’objectif de base. Un personnage peut avoir comme objectif de devenir Président ET tenter de préserver son équilibre familial.

Déterminez l’objectif principal de voter protagoniste. Et faites-le comprendre à vos lecteurs.

Vous voulez rendre cet objectif difficile à atteindre ? Lisez l’étape suivante !

Etape 5 : Un adversaire à la hauteur

adversaire

Une bonne histoire, c’est un bon méchant.

Votre protagoniste affrontera certainement plusieurs adversaires. Toutefois, l’un d’entre eux se démarquera. Il sera le pire cauchemar de votre protagoniste. C’est « grâce » à lui si votre personnage souffre. S’il en bave pour atteindre son objectif. Et finalement, s’il change au cours de l’aventure.

Comme le dit Jérôme d’Ecrire et être lu : « C’est grâce au méchant que le héros va apprendre. C’est au travers de ses attaques soutenues et répétées sur le point faible du héros que celui-ci va apprendre à se relever et à se transformer ». Cliquez pour découvrir sa conception d’un bon méchant.

Voici les ingrédients d’un bon adversaire :

  • Pas nécessairement un méchant : L’adversaire s’oppose au protagoniste, mais il n’est pas forcément une représentation du mal. Il peut même être éthiquement plus « clean » que votre protagoniste.
  • Ce n’est pas un outil : Ou du moins, les lecteurs ne doivent jamais le ressentir. Donc il ne doit pas être un personnage qui s’oppose… Pour le plaisir de s’opposer. Non. L’adversaire doit être aussi réaliste que le protagoniste. Il a lui aussi un objectif, des valeurs, des craintes et un passé. S’il s’oppose à votre protagoniste, c’est pour défendre ses propres intérêts.
  • Un adversaire présent : N’allez pas choisir comme adversaire un roi vivant à des milliers de kilomètres qui envoie ses troupes conquérir le monde. À la place, choisissez le général des armées. Lui qui est sur les lieux de combats. Lui qui agit directement contre votre protagoniste.
  • Puissant, mais pas trop : Si votre adversaire est trop faible, il n’y a aucune tension. Les lecteurs savent que le protagoniste triomphera. Au contraire, s’il possède absolument tous les pouvoirs, les lecteurs devinent l’échec du protagoniste bien trop tôt.

Passons aux exemples.

Voldemort :

C’est sans conteste l’adversaire principal d’Harry Potter.

Ici, c’est un vrai méchant qui désire faire le mal. Mais ce n’est pas un outil. Nous le voyons jeune ce qui tend à le rendre plus humain. Et nous avons accès à son passé ce qui nous permet de mieux comprendre comment il est devenu un tel monstre.

Voldemort est puissant. Bien plus puissant qu’Harry. Mais ce dernier a des alliés de taille (dont Dumbledore) et connaît l’ultime secret pour venir à bout de son adversaire. Et enfin, Voldemort est présent sous une forme ou une autre dans la plupart des tomes. Dans les livres où il est absent, il n’est tout simplement pas l’adversaire principal.

Barbossa :

Dans le premier volet de la saga Pirates des Caraïbes, l’adversaire principal est Barbossa. Il tue, il pille, il trahit… Bref, c’est un pirate. Mais ce n’est pas ce n’est pas une représentation du mal absolu.

De plus, Barbossa souffre de ne plus rien ressentir et d’être incapable de mourir. S’il kidnappe Elisabeth, c’est parce qu’il veut de nouveau pouvoir déguster tout un cageot de pomme. Barbossa possède donc son propre objectif et il est présent tout au long de l’histoire.

Il est également difficile à vaincre car… Il est immortel. Mais il peut être dupé. Ce qui lui sera fatal.

Face à l’adversité, votre protagoniste cherche une solution. Une stratégie pour atteindre son objectif. C’est ce que nous allons voir.

Etape 6 : Etablissez le plan

plan

Le plan est une suite d’étapes que le protagoniste tente d’accomplir dans le but d’atteindre son objectif. Tout simplement.

  • Il peut être plus ou moins précis et complexe.
  • Il est amené à évoluer suivant les obstacles rencontrés par le protagoniste.
  • Il n’est pas forcément explicité aux lecteurs, mais est présent dans l’esprit du protagoniste.

Ce plan est nécessaire car votre protagoniste a un objectif et qu’il doit agir (de manière cohérente) pour l’atteindre.

À éviter :

  • Un plan tellement compliqué que les lecteurs ne le comprennent pas.
  • Un plan qui ne pousse pas à agir.

Voyons des exemples.

Un braquage :

Dans Ocean’s Eleven, toute l’histoire tourne autour d’un événement : le braquage simultané de trois casinos.

Le plan est très complexe. Chaque personnage a un rôle à tenir pour que tout se passe bien. Et chaque imprévu amène le plan à se modifier au risque de tout faire capoter. De plus, nous avons connaissances du plan. Mais pas dans son entièreté. Ce qui permet de préserver des surprises.

Changer d’apparence :

Le plan de Mulan est de prendre la place de son père dans l’armée… En se faisant passer pour un homme.

C’est simple. Et cela pousse Mulan à agir.

Etape 7 : De bons gros obstacles

obstacle

Un obstacle correspond à tout élément empêchant le protagoniste d’atteindre son objectif.

Il faut distinguer trois types d’obstacles :

  • Externes : Ils sont provoqués par des événements indépendants du protagoniste. Par exemple une tempête de neige ou un problème sur la ligne du RER A le jour d’un entretien d’embauche.
  • Internes : Ils sont directement liés au protagoniste. Ce peut être dû à son caractère : poursuivi par la police car il a commis un délit de fuite. Ou à son entourage, à sa vie : ses enfants déboulent dans la salle de réunion et lui font perdre toute crédibilité.
  • Externes d’origine internes : Ils paraissent être externes, mais ils sont la conséquence d’éléments liés au protagoniste. Par exemple, se faire fracasser sa voiture de fonction. Indépendant du protagoniste ? Oui, mais non. Parce qu’il s’était tellement mal garé qu’il prenait deux places de parking. S’il respectait les règles de savoir-vivre, personne n’aurait cassé sa voiture.

Les obstacles sont extrêmement importants. Le niveau de difficulté auquel sera confronté votre protagoniste dépend d’eux. Ils appuient sur les faiblesses de votre personnage pour le faire souffrir. Et bien choisis, ils le poussent à changer, à s’améliorer ou à sombrer.

Attention : Les obstacles externes, par définition, sortent de nulle part. Le protagoniste a des problèmes et ce n’est pas de chance. Evitez de montrer à vos lecteurs que vous tirez les ficelles : utilisez les obstacles externes avec parcimonie.

Privilégiez les deux autres types d’obstacles, tant que c’est possible.

Etape 8 : Le trou au fond du trou

trou

Votre protagoniste s’est démené pour atteindre son objectif. Il a surmonté tous les obstacles. Un à un. Et il se retrouve dans une situation où tout semble perdu. À ce moment, vos lecteurs doivent se dire : Là, il est au fond du trou. Il ne peut pas tomber plus bas. C’est le pire qui pouvait arriver !

Cette étape sert de déclic.

Avant que votre protagoniste ne soit au fond du fond, quelque chose en lui l’empêchait d’être à 100% dans son objectif. Il se battait avec une volonté farouche, sans jamais utiliser toutes ses capacités.

Durant ce passage, votre protagoniste se réveille. Il est obligé de se dépasser pour sortir du trou ou pour ne pas se laisser abattre par ce qu’il a vécu. Armé de cette nouvelle détermination, il reprend la quête de son objectif. Il décide de tout donner. Une bonne fois pour toutes…

Ce qui nous amène au climax.

Etape 9 : L’ultime tentative

climax

Le climax est le point culminant de toute histoire. C’est le sommet de la structure d’un roman. Emotionnellement, c’est le passage le plus fort.

Bref, tout ce que vous avez écrit avant pointe vers cet instant.

Après le climax, soit votre protagoniste a définitivement atteint son objectif ; soit il l’a définitivement abandonné.

Un climax est donc :

  • Unique : Par définition c’est LE point culminant.
  • Clair : Validation ou abandon de l’objectif du protagoniste.
  • Une source de souffrance : Chaque obstacle a fait souffrir votre protagoniste au cours de son aventure. Le climax ne doit pas faire exception. Au contraire ! Votre protagoniste souffre comme jamais. C’est cette douleur qui créé chez lui l’énergie de gagner… Ou le désespoir de perdre.
  • Une démonstration de valeurs : Tout au long du récit, votre protagoniste agissait en fonction de ses valeurs. Les obstacles représentaient des valeurs opposées. Le climax et la réponse que vous offrez à vos lecteurs (objectif atteint ou non) montre quelles valeurs l’emportent. Est-ce l’argent ou la générosité qui a vaincu ? Est-ce la violence ou la compassion ?
  • Lisez l’article de Charlotte de La Parenthèse Imaginaire pour en apprendre plus sur le climax.

Tout votre roman doit être travaillé soigneusement. Votre climax doit l’être encore plus. S’il y a bien un souvenir qui marquera vos lecteurs, se sera l’issue de votre histoire. Alors faites en sorte qu’elle soit exceptionnelle.

Quelques exemples :

Harry Potter : L’affrontement avec Voldemort, à Poudlard.

Roméo et Juliette : Le suicide de Roméo (puis celui de Juliette).

Le Seigneur des Anneaux : La destruction de l’anneau unique.

Titanic : La scène sur la planche de bois. Lorsque Jack se sacrifie pour Rose.

Etape 10 : L’évolution

evolution

Ce point fait écho à la 2ème étape : la faiblesse.

L’évolution est le moment où votre protagoniste change. Pour le meilleur comme pour le pire.

Voyons les particularités de l’évolution :

  • Avant, pendant ou après le climax : L’évolution peut se synchroniser avec votre climax (en agissant pour atteindre son objectif, votre protagoniste apprend quelque chose sur la vie). Mais elle peut aussi être la cause du climax (parce qu’il a changé, votre protagoniste agit différemment) ou sa conséquence (en atteignant ou abandonnant son objectif, votre protagoniste évolue).
  • En lien direct avec les obstacles : Si votre protagoniste change, ce n’est pas pour le bon plaisir de vos lecteurs. C’est parce que les épreuves qu’il a subites l’ont poussé dans ce sens.
  • Positive, négative ou mitigée : Votre protagoniste change. Il peut devenir une meilleure personne. Comme une moins bonne. Ou s’améliorer dans un domaine au détriment d’un autre.
  • Potentiellement absente : Votre protagoniste a souffert. Les obstacles vers son objectif l’on poussé à changer. Et pourtant, il est le même. Dans ce cas, son « évolution » est un raffermissement de ses valeurs. Au départ : votre protagoniste était un homme honnête et intègre. Après sa carrière politique, malgré les tentatives de corruption : il reste un homme honnête et intègre.

Lorsque les valeurs d’un personnage changent, son comportement se modifie. D’où le point suivant.

Etape 11 : L’action morale

Suite à l’étape précédente, votre protagoniste semble avoir changé. Maintenant, il faut le montrer !

Après le climax, lorsque la tension est redescendue, votre protagoniste entreprend une petite action. C’est au travers de celle-ci que vous montrez aux lecteurs qu’une évolution a bel et bien eu lieu.

L’action morale :

  • Représente le changement de votre protagoniste : Donc si son évolution était positive, il entreprendra une action morale. Pour une version négative, ce sera une action immorale.
  • Renforce l’impact de l’histoire : Votre protagoniste a changé durant le récit. Mais son évolution n’affecte pas que l’histoire. Elle influe aussi sur sa vie d’après.
  • Fait écho au passé : L’action qu’entreprend votre protagoniste découle logiquement de la situation initiale et de ce qu’il faisait ou ne faisait pas à l’époque. Il agit donc différemment dans une situation banale de son quotidien.

Attention ! Ce passage peut facilement se laisser aller aux clichés. Soyez inventif. Ne jouez pas la carte de la facilité.

Etape 12 : Un monde nouveau

nouveau monde

Après tout ce qu’a enduré votre protagoniste, il revient à une vie normale.

Grâce aux étapes précédentes, vous avez montré que l’histoire avait changé (ou non) votre personnage. Maintenant, vous devez déterminer en quoi le récit a changé le monde du protagoniste. Son « monde » dépend bien sûr de votre histoire. Ce peut être son foyer, son pays, sa planète, sa communauté religieuse, son école, son travail, etc…

De la même façon que pour l’action morale, vous devez réfléchir au meilleur moyen de montrer l’impact de l’histoire sur le monde.

Avant : C’était la guerre. Après : La paix.

Avant : Votre protagoniste était ignoré par ses collègues. Après : Ils le saluent et le respectent.

Avant : Les parents et enfants mangeaient séparément, dans leur chambre. Après : Ils passent leurs repas ensemble, autour d’une table, en discutant et partageant.

Etape 13 : La stratégie derrière la structure d’un roman

stratégie

Cette étape est la dernière de cet article, et pourtant vous devrez la travailler parmi les premières. Car tout ce que vous inventerez dans votre récit devra tenir compte de cette stratégie : le principe directeur.

Vous vous demandez ce que c’est ? Laissez-moi vous éclairer.

Le principe directeur est la manière dont vous racontez votre histoire. Ce processus est plus subtil que le reste car il est entièrement caché sous la surface du récit. Mais trêve de bavardage. Je sens que le concept de principe directeur n’est pas clair dans votre esprit. Alors expliquons-le par l’exemple.

Accroche de l’histoire : Une adolescente rebelle quitte sa famille pour faire le tour du monde.

Ici, nous partons d’une histoire qui pourrait prendre une multitude de directions différentes. L’adolescente pourrait être confrontée à des activités criminelles, ou découvrir l’amour. Elle pourrait devenir militante écologiste ou décider de vivre seule avec les animaux. Bref, l’histoire de base n’est… Qu’une base.

L’adolescente veut faire le tour du monde ? Très bien. Mais sa réussite ou son échec peut avoir lieu de milles manières différentes. C’est là que le principe directeur entre en scène. Car il vous permet d’unifier votre roman.

Principe directeur (exemple) : Une adolescente devient adulte en comprenant que la liberté n’est pas une condition physique mais un état d’esprit.

À chaque obstacle, chaque décision, chaque faiblesse que vous introduisez, vous faites un choix. Le principe directeur vous aide à faire le bon.

Ce principe directeur, c’est votre but caché. Vous promettez au lecteur un tour du monde (et il l’a), mais ce que vous lui offrez réellement, c’est l’histoire d’une ado qui grandit.

Vous avez la notice

Votre histoire est bancale.

C’est pour cela que vous avez lu jusqu’ici. Mais ce déséquilibre dans votre récit n’est pas lié à un manque d’imagination. Ce qu’il vous manquait, c’était un moyen de la canaliser. Maintenant, vous savez comment façonner la structure d’un roman.

Lorsque vous aurez construit des bases inébranlables pour votre récit, tout deviendra plus clair. Vous saurez où vous allez, d’où vous venez et pourquoi vous empruntez tel chemin plutôt qu’un autre.

Alors ce roman qui vous paraissait être une destination inconnue brillera au loin et vous saurez dans quelle direction partir pour mener à bien votre projet.

Je ne prétends pas que construire les fondations de votre histoire va être facile (je prétends même le contraire !). Mais en suivant ces 13 étapes, progressivement, vous créerez une terre fertile sur laquelle faire pousser vos idées, votre roman.

Alors, commencez tout de suite.

Là.

Maintenant : dites-moi dans les commentaires vos idées de principe directeur !

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