comment commencer un roman

Vous voulez écrire. Mais vous ne savez pas répondre à la question : Comment commencer un roman ?

Et c’est bien normal.

Des dizaines d’éléments accaparent votre attention. Vous ne savez plus où donner de la tête. En fait, vous ne vous sentez tout simplement pas prêt.

Vous vous demandez : Par quelle action commencer ? Comment relier mes différents chapitres ? L’histoire intéressera-t-elle mes lecteurs ? Et j’en passe.

Malgré tout, vous vous concentrez et tentez d’écrire. Mais votre esprit devient brumeux. Vos idées époustouflantes semblent banales. Vous avez beau enchaîner les phrases, votre texte ne vous mène nulle part.

Et là, la chance vous sourit ! Vous tombez sur un (long) article qui va vous lister les points cruciaux que vous devez connaître pour enfin débuter correctement votre roman.

Pour éclaircir votre esprit et clarifier vos pensées, utilisez cet article comme une check-list des 31 éléments à connaître avant de commencer un roman.

1 – Un début dynamique :

Votre premier paragraphe doit lancer une action. Je ne parle pas (forcément) d’un combat sanglant, d’une fusillade ou d’une course poursuite. L’action peut être plus calme et dépend de votre histoire.

  • Le récit d’un policier d’élite pourrait commencer par une prise d’otage.
  • Celui d’un couple qui tente d’adopter un enfant, pourrait démarrer sur une scène d’amour.

L’important est qu’une action soit en cours. Ainsi, vos lecteurs sont embarqués dès les premières lignes. Au contraire, laissez peu de place à vos descriptions dans le début de votre roman. N’allez pas utiliser un paragraphe entier pour décrire le lieu de l’action, puis le visage du personnage et ses vêtements.

Allez droit au but : une action, deux-trois phrases descriptives bien réparties, et on enchaîne.

Si vous voulez améliorer le rythme de votre roman sur toute sa longueur, je vous conseille de regarder la vidéo de Christelle Lebailly : comment donner du rythme à son roman.

2 – Un thème clair :

Avant de vous lancer dans une telle aventure, vous devez savoir de quoi parle votre roman. Logique. Je ne fais pas référence au sujet de l’histoire, mais à son thème.

Pour bien comprendre la différence, voici deux exemples :

  • Sujet de l’histoire : la chute morale d’une mère prête à tout pour venger le meurtre de ses enfants. Possible thème de l’histoire : la vengeance mène à la folie.
  • Sujet de l’histoire : un jeune roi est broyé entre ses rêves de liberté et ses obligations. Possible thème de l’histoire : le pouvoir et la richesse n’impliquent pas le bonheur.

Si vous pensez vous lancer dans l’écriture d’un roman, vous connaissez certainement le sujet de votre histoire. Mais n’oubliez pas le thème !

Pour déterminer celui de votre roman, observez le climax de votre récit.

Quelles valeurs y sont en jeux (l’amour/la haine ; la cruauté/la tendresse ; la foi/la science, etc…) ? Laquelle pourriez-vous exploiter tout au long de votre roman ? Cherchez une phrase définissant votre conception de cette valeur (comme celles vu plus haut).

Lorsque vous écrirez, veillez à ce que les actions de vos personnages fassent fluctuer cette valeur : Le roi a un moment de bonheur… Puis ses obligations le rattrapent. Mais il trouve l’amour… Qu’il est obligé de sacrifier. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que votre climax détermine la « valeur gagnante ».

3 – Le lectorat cible :

lectrice

Je vous entends venir : vous écrivez pour vous-même. Si votre roman plaît à un large public, tant mieux. Mais ce qui vous importe, c’est que votre histoire vous plaise à vous.

Et vous avez bien raison. Si vous n’aimez pas ce que vous écrivez… Qui aimera ?

Donc, oui vous écrivez pour vous-même. Ce qui ne vous empêche pas de déterminer la cible de votre roman. Savoir à qui s’adresse votre histoire vous permet de garder une certaine logique au fil des pages.

  • Votre roman s’adresse à un jeune public ? Vous passerez (ou diluerez) peut-être les scènes de sexes et de violence extrême.
  • Votre histoire vulgarise certains événements historiques ? N’allez pas utiliser à foison des termes obscurs connus uniquement des historiens.

Connaître votre lectorat cible vous aidera aussi pour l’après. Lorsque vous déciderez d’envoyer votre manuscrit à telle ou telle maison d’édition, vous saurez déjà si votre roman s’adresse ou non au public de l’éditeur.

4 – Pas de prologue :

Lorsque vous vous demandez comment commencer un roman, vous pouvez penser : par un prologue ! Quelques pages expliquant le fonctionnement de votre monde, relatant un événement important ou diffusant une ambiance mystérieuse.

Ou alors, vous pourriez offrir directement à vos lecteurs ce qu’ils recherchent : une histoire.

Car oui, le prologue fait partie du roman, mais pas de l’histoire. Ce n’est rien d’autre qu’un petit chapitre apportant des informations utiles pour la suite.

Plutôt que de retarder le début de votre récit, faites preuve d’imagination. Demandez-vous comment vous pourriez intégrer les informations du prologue, petit à petit, dans vos chapitres suivants. Demandez-vous aussi si ces informations ont besoin d’être connues des lecteurs si tôt. Cette connaissance améliore-t-elle leur expérience de lecture ?

Creusez-vous la tête pour offrir le meilleur qui soit.

5 – Le meilleur narrateur :

Avant d’écrire la première ligne de votre roman, vous devez savoir quel type de narrateur vous utiliserez.

Voyons les cas les plus courants.

  • La première personne : « Je n’étais pas de bonne humeur ce matin-là. Alors quand mon patron a critiqué mon travail de la veille, je l’ai insulté de tous les noms. »
  • La troisième personne limitée : « Il cacha la liasse de billets dans sa veste, jetant un œil alentours. Ce n’était pas la première fois qu’il transportait tant d’argent. Ça ne lui faisait pas peur. Après tout, que risquait-il si ce n’était la prison ? »
  • Le narrateur omniscient : « Martin augmenta le son de sa télévision. Il n’aimait pas entendre les grincements du lit de sa fille lorsqu’elle ramenait un garçon à la maison. À l’étage, sa femme culpabilisait. Tromper son mari ? Ce n’était pas un problème. Mais souiller les draps de sa fille… »

La personne que vous choisissez dépend de ce que vous voulez raconter.

  • Votre récit est un témoignage ? La première personne vous conviendra. Son côté factuel vous permettra d’accentuer l’effet de réel.
  • Si votre livre est comique, vous pouvez opter pour la première personne ou le narrateur omniscient. En effet, ces narrateurs permettent des digressions comiques sans déstabiliser les lecteurs.
  • Dans le cas où votre histoire se déroule dans un univers très étendu : beaucoup de personnages ou différentes époques/lieux ; optez pour le narrateur omniscient. Il vous permet de traiter tous ces éléments de manière concise.
  • La troisième personne limitée est la plus répandue. Vous serez donc (certainement) plus à l’aise avec elle. Idem pour vos lecteurs. Mais ce type de narrateur est aussi le plus apte à transmettre des émotions car (contrairement aux deux autres) il s’efface au profit de l’histoire.

Ne prenez pas votre décision à la légère !

6 – Le genre :

Votre roman rentre probablement dans un ou plusieurs genres. Ce n’est pas une mauvaise chose.

Un genre est simplement un type d’histoire auquel les lecteurs sont habitués.

Vous devez connaître le genre de votre livre pour deux raisons :

  1. Pour ne pas décevoir vos lecteurs : Effectivement, chaque genre possède certaines règles. Par exemple, une romance possède une scène de rencontre. En ratant, ou sautant, ce type de passage, vous perturbez vos lecteurs. S’ils lisent un genre en particulier, c’est (au moins inconsciemment) pour assister à ces moments particuliers qui les font vibrer. Bien sûr, respecter scrupuleusement les règles d’un genre rendra votre récit banal. D’où la seconde raison.
  2. Pour surprendre vos lecteurs : Si vous connaissez les règles propres à votre genre, vous pouvez jouer avec. Soit en détruisant les clichés lors des moments clés lié à ce genre ; soit en modifiant consciemment les règles pour ne pas déstabiliser les lecteurs tout en différenciant votre histoire.

Réfléchissez. Déterminez les genres de votre récit. Puis apprenez-en les subtilités.

7 – Connaissez vos personnages :

personnages

Avant d’écrire quoi que ce soit, vous devez en savoir assez sur vos personnages.

Je ne parle pas de leur couleur ou leur plat préféré. Non. Je fais référence à leurs valeurs, leurs croyances et leurs idées.

Lorsque vous ferez agir un personnage, vous devrez garder deux choses en tête :

  1. Ce que vous voulez.
  2. Et ce qu’il veut.

Votre but est d’être cohérent tout en faisant avancer votre histoire.

Ainsi, ce que vous voulez, c’est une action qui vous amène à l’étape suivante de votre récit. Mais ce que veut votre personnage dépend de ses valeurs. À partir de ce moment, les actions possibles sont réduites. Il devient plus dur de faire avancer votre histoire.

C’est le prix à payer pour que vos personnages soient « vrais ». Qu’ils n’apparaissent pas à vos lecteurs comme des pantins guidés par vos mains.

Les personnages faux tuent l’émotion et l’histoire.

Connaissez-les pour éviter de tomber dans ce travers.

8 – Commencez votre roman le plus tard possible :

Vous vous demandez peut-être à quel moment de l’histoire commencer votre récit. Ou bien cet élément vous paraît évident. Dans les deux cas, je vous invite à vous questionner.

Pourquoi ce moment ?

Est-ce le meilleur possible ?

Votre histoire ne débute pas à la naissance de votre protagoniste. Elle ne commence pas non plus 6 mois avant qu’un élément ne vienne perturber la vie de votre personnage.

Elle devrait commencer très peu de temps avant l’incident déclencheur.

Vous pouvez écrire quelques chapitres avant celui-ci, mais sachez que plus vous retardez ce moment, plus vous risquez d’ennuyer vos lecteurs.

Parfois, il est nécessaire d’introduire certains éléments avant que l’histoire ne puisse démarrer. Forcément, l’incident déclencheur arrivera plus tard. Veillez alors à faire patienter vos lecteurs en introduisant une intrigue secondaire.

9 – Remémorez-vous vos grandes idées :

Lorsque vous commencez la rédaction de votre roman, vous avez accumulé un certain nombre d’idées. Ce peut être une caractérisation originale, une chute surprenante, un décor fabuleux, un événement choquant, une situation émouvante… Bref, à peu près n’importe quoi.

Parmi ces grandes idées, certaines s’uniront naturellement tandis que d’autres seront contradictoires. Vous devez savoir à quels endroits vos idées vont coincer pour être en mesure de régler le problème avant d’avoir déjà écrit des pages et des pages.

Alors prenez une feuille (ou utilisez l’une de ces applications d’écriture) et notez toutes les idées géniales que vous avez eu. Mélangez-les. Combinez-les. Observez comme elles s’harmonisent ou se repoussent.

Comprenez les contradictions, puis détournez-les.

10 – Définissez les enjeux :

Faites bien la différence entre objectifs et enjeux.

L’objectif, c’est ce que vous voulez obtenir.

Les enjeux, c’est ce que vous avez à gagner en atteignant l’objectif.

Petits exemples :

  • Objectif : Gagner un match de foot. Enjeu : Passer en division professionnelle.
  • Objectif : Retrouver les parents qui l’ont abandonné. Enjeux : Comprendre pourquoi, retrouver confiance en soi, tirer un trait sur le passé.
  • Objectif : Faire cesser le commerce d’ivoire. Enjeux : protéger les éléphants, préserver la beauté du monde pour les générations futures.

Vos personnages, et notamment votre protagoniste, ont des objectifs. Pour que vos lecteurs s’investissent émotionnellement dans leur quête, ils doivent comprendre les raisons se cachant derrière leurs objectifs.

Votre protagoniste veut gagner un concours de beauté ? Très bien. C’est un bon début. Vos lecteurs savent ce qu’il veut. Maintenant dites-leur pourquoi il veut remporter ce concours.

Est-ce pour recevoir un regard approbateur de ses parents intransigeants ?

Est-ce pour plaire au sexe opposé ?

Sachez ce que veulent vos personnages, puis déterminez pourquoi.

11 – La prémisse de votre roman :

La prémisse est un résumé d’une phrase de votre histoire.

Ce n’est pas une accroche du style : Un policier est accusé du crime qu’il a découvert.

Mais une phrase qui dévoile le récit dans sa globalité, comme : Un policier accusé du meurtre qu’il a découvert finit par se donner la mort pour prouver son innocence.

L’accroche existe pour donner envie aux lecteurs de lire le livre. La prémisse est utile à l’auteur pour avoir une ligne clair de ce qu’il écrit.

Reprenons notre exemple.

Si vous avez une accroche, vous savez comment commencer un roman… Mais vous ne savez pas où vous allez. Donc vous risquez de partir du mauvais côté.

Avec une prémisse, vous n’avez pas que le point de départ. Vous avez aussi l’arrivée et le chemin.

Ecrivez, travaillez et corrigez votre prémisse. Vous verrez, c’est un phare vous guidant dans votre projet.

12 – Travaillez votre incipit :

L’incipit est la première phrase de votre roman. Fatalement, elle donnera aux lecteurs leur toute première impression de ce qu’est votre histoire. Vous devez donc la soigner. L’écrire, puis la réécrire. La rendre parfaite, quoi !

Vous vous dites peut-être que c’est exagéré ? Que la première phrase ne fait pas le livre ?

Et vous avez raison.

Si l’incipit est complètement raté, mais que le reste de votre roman est super… Votre livre sera génial ! En d’autres termes, l’incipit n’est pas déterminant dans la qualité de vos écrits. Mais si vous réussissez à écrire une première phrase marquante, vous motivez vos lecteurs. Vous leur donnez envie de savoir la suite… Alors qu’ils ont à peine commencé à lire.

Bref, vous faites le taf dès le début.

Concrètement, dans l’incipit, vous devez :

  • Annoncer ce qui va suivre : les lecteurs comprennent de quoi va parler votre histoire.
  • Eveiller la curiosité : vous les faites se questionner.
  • Etablir le contexte : vous révélez les premières indications concernant le « monde » dans lequel se déroule le récit.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire le très bon article de la Contentologue : comment débuter un roman.

13 – À quel temps écrire :

temps

Théoriquement, il est possible d’écrire au passé, au présent ou au futur. Mais dans les faits, la quasi-totalité des histoires sont racontées au passé.

La seule bonne raison de tordre cette règle serait que votre roman impose l’utilisation d’un autre temps, du fait même de sa structure. Et là encore, vous devriez vous creuser la tête pour être certain qu’il s’agit du meilleur choix. Si ce n’est pas votre unique option, si c’est une manière d’être original, cela tuera votre histoire.

Vos lecteurs ne parviendront pas à lire votre roman. Ils ne cesseront de penser : Mais pourquoi écrit-il aussi bizarrement ?!

Bref, si vous ne vous êtes senti concerné par les quelques dernières lignes : écrivez au passé sans vous poser de question.

14 – Objectifs et délais atteignables :

Vous vous apprêtez à écrire un roman.

Je vous félicite. C’est un challenge qui demande beaucoup de volonté. Pour ne pas la faire fondre trop vite, vous devez la préserver et la renouveler.

Si vous partez avec 1 objectif qui est : écrire un roman. Vous êtes mal barré. Si en plus, vous êtes sévère sur les délais, c’est l’abandon assuré.

Utilisez les objectifs pour rester motivé et les « deadlines » pour vous dépasser.

Comment faire ?

C’est très simple. Vous découpez votre roman en différentes parties.

Exemple :

  1. Ecrire le premier paragraphe du roman.
  2. Ecrire le premier chapitre.
  3. Décrire l’incident déclencheur.
  4. Ecrire le chapitre où il se passe tel grand évènement.
  5. Ecrire le climax.
  6. Ecrire le dénouement.
  7. Manger une salade de fruit pour me féliciter d’avoir terminé.

Soyez spécifique sur ce que vous attendez de vous-mêmes. Un chapitre peut être plus long et plus difficile à écrire qu’un autre. Tenez-en compte. Et établissez votre liste d’objectifs.

Parallèlement, vous pouvez fixer des dates limites pour atteindre vos objectifs.

Cela à deux utilités :

  1. Ne pas vous décourager : En planifiant convenablement à l’avance votre projet, vous saurez à peu près le temps qu’il vous prendra. Et dans l’écriture, ce temps est long ! Donc lorsque vous vous retournerez et verrez qu’en 3 mois… Vous n’avez pas fait la moitié du chemin, vous saurez que c’est normal. Et vous n’abandonnerez pas.
  2. Booster votre efficacité : Lorsqu’une deadline est bien placée (pas trop tôt ni trop tard), vous sentez que vous pouvez travailler plus et mieux pour tenir ce délai. C’est donc ce que vous faites. Et vous dépasser vos prévisions initiales.

Si vous avez l’habitude de repousser vos objectifs à plus tard, lisez cet article du blog Mécanismes d’Histoires sur la procrastination.

15 – Les conflits principaux :

Au cours de votre histoire, vos personnages vont s’opposer les uns aux autres d’une multitude de manières différentes.

Vous devez cerner les conflits et les valeurs en jeu pour conserver une cohérence au cours de votre récit.

Exemple :

  • Marc, un policier, est en conflit avec un meurtrier. Les valeurs en jeu sont la vérité/le mensonge et la justice/la liberté.
  • Marc est en conflit avec l’administration qui obstrue son enquête. Valeurs : les règles/la nécessité.
  • Marc est en conflit avec sa femme car il risque sa vie pour son travail. Valeurs : le devoir familial/le devoir patriotique.

Et vous pouvez déterminer les conflits liés à chaque personnage important.

Ainsi, vous savez pour quoi se battent vos personnages. Et pour quelles raisons.

16 – Une situation initiale utile :

Lorsque votre récit commence, votre protagoniste a une vie « normale ». Ou en tout cas, normale pour lui.

C’est avec l’arrivée de l’incident déclencheur que sa vie va basculer et prendre un tournant inhabituel.

Entre votre première ligne et cet événement, se trouve la situation initiale. C’est-à-dire, la vie normale du protagoniste.

Comme nous l’avons vu plus haut, il est préférable de lancer rapidement l’histoire en introduisant l’incident déclencheur dès que possible. Mais les quelques chapitres le précédant sont primordiaux !

Ce sont les pages où vous allez introduire votre protagoniste et d’autres personnages. Ainsi que le « monde » dans lequel ils évoluent. Les relations les unissant. Leurs défauts et certaines de leurs valeurs…

Bref, à ce stade, l’histoire n’a pas vraiment commencé, mais vous avez du travail. Alors ne vous contentez pas d’un chapitre décrivant calmement la vie de vos personnages. Ajoutez-y du conflit. Si possible, du conflit qui vous servira pour la suite.

Faites agir vos personnages dès le début. Montrez qui ils sont.

17 – Connaissez votre dénouement :

Une histoire se lit du début vers la fin, mais elle s’écrit de la fin vers le début.

Retenez bien cette phrase.

Pour que la fin de votre roman marque vos lecteurs, qu’elle les touche profondément, elle doit sembler logique. Lorsqu’ils se remémoreront votre récit et qu’ils penseront au début, ils se diront : Je ne l’avais pas vu venir, mais maintenant que je sais… La fin paraît inévitable.

Pour créer un tel effet, vous devez savoir à l’avance comment se termine votre histoire. Mais ce n’est pas tout. Vous devez en tenir compte dès les premiers chapitres. Certains éléments que vous placez (notamment) dans votre situation initiale serviront tout au long du récit et jusqu’à la toute fin !

N’inventez pas l’histoire comme elle vous vient. Partez des conséquences (la fin) et remontez petit à petit aux causes (le début).

18 – Evitez les clichés (ou brisez-les) :

Plus votre histoire avancera, plus vous aurez d’occasion de développer vos personnages. Et donc plus vous parviendrez à les dépêtré de clichés ennuyeux.

Le problème c’est que vos lecteurs ne suivront pas un personnage cliché pendant 100 pages. Il faut donc les éviter dès le début.

Comment ?

Deux techniques :

  1. Connaître le sujet en question et faire agir votre personnage de manière cohérente mais inhabituelle.
  2. Assumer le cliché… Pour vite le détruire.

La première technique commence donc par de la collecte d’information (si jamais vous n’y connaissez pas grand-chose).

Par exemple, le système judiciaire est très complexe. La plupart d’entre nous ne le connaissent que via les livres/films/séries. Donc : les clichés. En s’instruisant sur le fonctionnement judiciaire, nous nous donnons les capacités de vraiment comprendre cet univers. Et donc de trouver des actions/dialogues/événements originaux, tout en restant cohérent.

La seconde technique utilise le cliché pour surprendre les lecteurs.

Le principe est simple :

  1. Vous introduisez consciemment une situation paraissant clichée dans votre histoire.
  2. Peu de temps après, vous montrez aux lecteurs qu’ils se sont eux-mêmes fourvoyés. Le cliché n’existait que dans leur esprit.

Exemple :

Votre protagoniste va rencontrer un éminent docteur physicien. En entrant dans son bureau, le protagoniste remarque que le docteur parle tout seul.

Cliché : Un grand physicien est à moitié fou à force de se consacrer à son sujet d’étude.

Et là, vous détruisez ce cliché ! Le physicien ne parle pas tout seul : il récite le contenu de sa prochaine conférence car il est stressé. Non seulement, vous casser le cliché, mais en plus vous caractérisez le physicien : malgré son statut reconnu, parler devant un public le rend mal à l’aise.

Vous avez compris l’idée ?

Alors éliminez un maximum de clichés !

19 – Ne vous jugez pas :

jugement

Savoir comment commencer un roman est une chose. Se mettre à écrire, à coucher les mots sur le papier, en est une autre. Parfois, les idées viennent mais la formulation ne suit pas.

Dans ces moments-là, le peu que vous écrivez vous semblera nul. Le risque est de vous décourager.

Le remède ?

Ecrire sans vous juger.

Tout ce que vous écrivez fera l’objet de multiples corrections. C’est inévitable. Mais vous répéter « qu’est-ce que c’est mal écrit », ne dépend que de vous. Et ça ne fait pas avancer votre projet.

À la place je vous propose :

  1. D’écrire en gardant en tête les paramètres importants : les conflits, le rythme, le point de vue, bref tout ce que vous découvrez dans cet article.
  2. De ne pas vous relire, dans un premier temps. Mais de continuer à écrire durant toute votre séance.
  3. De planifier un temps de relecture, à un rythme régulier (par exemple : à chaque fin de chapitre). Mais encore une fois sans vous juger. Vous relevez les problèmes. Les phrases trop longues, les descriptions brouillonnes, etc… Et vous corrigez.
  4. De vous féliciter. Vous avez bien travaillé, alors vous le méritez.

Aimez vos écrits et aimez-vous.

20 – Etablissez un contexte clair :

Votre histoire se déroule dans un lieu, à une époque et dans un environnement social défini. Vous devez non seulement le savoir, mais aussi transmettre ces informations à vos lecteurs. Car le contexte peut changer un récit du tout au tout.

Des familles françaises, japonaises, africaines ou américaines n’auront pas les mêmes traditions ni les mêmes valeurs (attention quand même aux clichés !). Une enquête policière de nos jours, il y a trente ans ou le siècle dernier sera bien différente.

Votre protagoniste vit dans un quartier bourgeois, ou au milieu des guerres de gang ? Il travaille dans une entreprise œuvrant pour le bien de l’environnement, ou cherchant le profit à tout prix ?

Déterminez les éléments qui ont un impact dans votre histoire. Puis construisez son contexte.

21 – Un résumé détaillé :

Sur le même principe que le dénouement, il est important de connaître le futur pour écrire le présent.

Afin de vous guider tout au long de votre phase d’écriture, rédigez un résumé détaillé de votre roman. Il ne s’agit pas d’un résumé « quatrième de couverture », mais bel et bien de 3-4 pages décrivant les actions et événements importants de votre récit.

Faites-le. C’est du temps de gagné pour la suite.

22 – Commencez avec peu de personnages :

Une histoire avec énormément de personnages peut embrouiller vos lecteurs. Mais en étalant leur apparition sur tout un roman, cela peut tenir la route. Par contre, si vous introduisez 10 personnages différents dès le premier chapitre… C’est la confusion assurée.

Peut-être parviendrez-vous à rattraper le coup au fil des pages. Mais à quoi bon si vous avez rebuté vos lecteurs dès le début ?

Tous les personnages importants n’ont pas besoin d’être présentés immédiatement. Au contraire, utilisez l’introduction progressive de nouveaux personnages pour complexifiez votre histoire au fil du temps.

23 – Une structure en béton armé :

Concrètement, la structure d’une histoire, c’est un ensemble d’éléments narratifs, liés entre eux, permettant d’unifier votre récit. De lui donner corps.

Pourquoi avoir une structure solide est important ? Parce que sans structure votre histoire s’effondre au moindre coup de vent.

C’est une colonne vertébrale. Cachée sous la peau, elle est invisible. Mais sans elle, rien n’a de sens.

Ayant écrit un article complet sur ce sujet, je ne vais pas davantage détailler. Retrouvez-le ici : la structure d’un roman.

24 – Soyez proactifs :

proactivité

Ce conseil vaut pour l’écriture, mais aussi pour la vie en général.

Pour ceux ne connaissant ou comprenant pas bien ce terme, voici une définition.

Proactivité : Capacité à anticiper le futur afin d’agir correctement et d’éviter de mauvaises conséquences.

Les éléments importants de la proactivité :

  • Agir : Plutôt que d’espérer atteindre un résultat, vous agissez pour provoquer les conséquences souhaitées.
  • Anticiper : Vous n’attendez pas qu’un problème survienne pour le résoudre. Vous prévoyez qu’il va arriver et donc vous agissez pour « tuer le poussin dans l’œuf ».

Concrètement, comment être proactif dans l’écriture ?

  • En prenant le temps de vous questionner avant d’écrire. Puis en répondant à ces questions.
  • En réglant les problèmes avant qu’ils ne vous importunent.
  • En vous habituant à anticiper l’avenir.
  • En appliquant la méthode pour gagner 1h de temps d’écriture par jour.

25 – Les limites de votre histoire :

Chaque récit a des limites d’une manière ou d’une autre. Ce qui est cool, c’est que c’est vous qui les fixez. Vous pouvez donc laissez votre imagination aller bon train.

Votre tâche est :

  1. De prendre conscience de ces limites.
  2. De les ajuster à vos besoins.
  3. Et de les faire comprendre à vos lecteurs.
  4. Et bien sûr de les respecter.

Ces limites s’appliquent aussi bien aux mondes imaginaires (le fonctionnement de la magie, d’une civilisation, etc…) qu’aux univers plus terre-à-terre (le fonctionnement d’une école, d’une église, d’une famille, etc…).

26 – Ecrivez vos scènes préférées :

Cette astuce vous sera utile si vous avez du mal à démarrer votre roman.

C’est comme faire un footing. Quand on est chez soi, bien au chaud, on n’a pas envie de sortir pour courir. Mais lorsqu’on se motive et qu’on a parcouru 100 mètres… L’effort ne semble plus si compliqué.

Le but ici, c’est de vous motiver à écrire.

Le premier chapitre ne vous inspire pas plus que ça ? Racontez l’incident déclencheur. Ou le climax ! Tout passage que vous affectionnez fera l’affaire. Et surtout, lorsque vous avez écrit ce super chapitre, n’en restez pas là. Profitez de votre nouvelle motivation pour vous attaquer aux morceaux les plus durs.

27 – Du général au détail :

Un roman possède une quantité impressionnante d’informations. Il peut être tentant d’en placer un maximum le plus tôt possible mais… Vos lecteurs en oublieront les trois-quarts.

À la place, vous allez donner des informations générales, puis au fil des pages, vous apporterez du détail.

Comment sélectionner les informations à révéler ?

Grâce :

  • À l’importance.
  • Et à l’imagination des lecteurs.

Vous inclurez en priorité les informations capitales. Celles que vos lecteurs ont besoin de savoir pour comprendre la suite. Le reste viendra plus tard.

La seconde technique s’appuie sur l’imagination des lecteurs.

Plutôt que de leur révéler une information, vous les laissez l’imaginer… Jusqu’à un moment plus tardif, où vous irez dans le détail.

28 – La préparation comme justification :

Lorsque vous écrivez, vous avez deux possibilités :

  1. Imaginer l’histoire au fur et à mesure.
  2. Ou connaître les grands traits de votre récit avant de commencer la rédaction.

Le problème de la première technique, c’est que vous laissez trop de liberté à votre imagination. Celle-ci risque de s’éparpiller. Alors qu’en la restreignant intelligemment, vous pourriez la canaliser (pour en savoir plus : voir le point suivant).

La seconde méthode a deux avantages :

  • Vous savez continuellement où vous allez.
  • Vous pouvez préparer vos justifications.

Au cours de votre histoire, vos personnages vont agir, faire des choix et subir des événements. Tout ceci doit respecter une certaine cohérence… Ou votre roman sonnera faux.

Comment évite-t-on ces incohérences ? En les justifiant.

Et comment les justifie-t-on ? En les préparant.

C’est-à-dire, en se posant les questions : Pourquoi tel personnage agit-il ainsi ? Pourquoi tel événement est-il arrivé ? Puis en donnant la réponse à ces questions avant que les lecteurs ne se les posent.

Votre protagoniste va dérouiller une bande de dix mecs baraqués, seul et à mains nues ? Expliquez ces capacités plus tôt dans le récit. C’est un ancien champion de boxe ? Un militaire d’élite ?

Dites-le à vos lecteurs ! Préparez pour justifier.

29 – Le principe des balises :

Si vous avez lu mon guide « Comment créer des personnages captivants », vous savez de quoi je parle. Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, je vous invite à le télécharger (c’est gratuit). Mais je vous fais tout de même un petit résumé.

Le principe des balises est, selon moi, la troisième manière d’aborder l’écriture.

Les deux premières étant :

  1. En laissant son imagination se répandre sans aucune restriction.
  2. Ou, en respectant très scrupuleusement toutes les « règles » d’écriture.

Les inconvénients de ces deux approches sont évidents.

Dans un cas, votre livre est une impression papier de tout ce qui vous passe par la tête. Et donc, il ressemble plus à un journal de vos rêves qu’à un véritable roman.

Dans l’autre cas, vous avez un roman bien construit. Clair, net et précis. Mais il est trop rigide, trop « froid », trop semblable à une multitude d’autres livres.

Le principe des balises vise à prendre le meilleur de ces deux approches. Ainsi chaque « règle » d’écriture ne doit pas être vue comme une limite à ne pas franchir mais comme un indicateur nous montrant le chemin. Comme une balise.

Pour écrire un roman, vous suivez donc ces balises qui vous permettent de ne pas vous perdre. Et en même temps, vous vous laissez le droit de vous écarter de ces balises en connaissance de cause. C’est-à-dire, en sachant les effets négatifs que cela peut avoir sur vos textes et ce que vous pouvez faire pour les atténuer.

Avec le principe des balises vous devez donc connaître les « règles » pour pouvoir les transgresser lorsque votre récit l’impose.

30 – Les grandes ironies dramatiques :

secret

Avant de commencer à écrire, il est bon d’avoir conscience des principales ironies dramatiques présentes dans votre récit.

Pour rappel, l’ironie dramatique est une technique narrative consistant à révéler une information aux lecteurs qu’au moins un personnage ignore. Cette information doit avoir un impact sur l’histoire. Le but étant de créer chez le lecteur une appréhension n’existant pas (forcément) chez le personnage.

Par exemple, les lecteurs savent qu’un poison a été versé dans le verre du protagoniste : lui ignore qu’il court un danger, il se comporte normalement ; mais les lecteurs stressent, ils craignent que le personnage ne meurt.

Dans votre récit, il y a probablement des ironies dramatiques que vous avez créées. Cherchez-les. Identifiez-les.

Quel personnage est « ignorant » ?

Quelle est l’information ignorée ?

Déterminez les principales ironies dramatiques de votre histoire (s’il y en a). Notez-les. Retenez-les. Et demandez-vous comment vous pouvez les exploiter.

Pour reprendre l’exemple du verre empoisonné, si le personnage ne fait jamais mine de boire, la tension créée par l’ironie dramatique sera nulle. Par contre, si un autre personnage lève son verre pour porter un toast, la crainte des lecteurs va se décupler.

Ils voudront prévenir le protagoniste qu’il ne doit pas boire, qu’il va mourir, qu’il se fait avoir ! Mais tout ce qu’ils pourront faire, ce sera lire les lignes suivantes et appréhender avec une question en tête : Va-t-il boire ce verre, oui ou non ?

31 – Comment commencer un roman : l’ultime secret

Vous voulez savoir comment commencer un roman ?

Je vais répondre à cette question. C’est promis. Mais avant, promettez-moi de taire ce secret si bien gardé.

Ok ?

Voilà : Pour commencer un roman, il faut se mettre à écrire.

Pouah ! Quel choc. Personne n’y avait pensé.

Maintenant que je vous ai éblouis avec cette incroyable révélation, laissez-moi m’expliquer.

Lorsque vous décidez d’écrire un roman, vous avez un tas d’idées, de personnages et d’événements en tête. Et c’est excitant ! Puis vient le moment de passer à l’action : prendre votre ordi ou un stylo, et écrire.

C’est là que votre cerveau se paie votre tête. Il vous murmure :

« Non, aujourd’hui, tu n’as pas le temps. »

« Non, pas la peine, la semaine prochaine tu es en vacances, tu auras le temps. »

« Tu es en vacances… Repose-toi. »

« Es-tu sûr d’être prêt à écrire ? Ne devrais-tu pas vérifier ça, ça, ça et ça, avant ? »

Résultat : Vous êtes convaincu qu’il n’est pas encore temps.

Plutôt que d’attendre le « bon moment » pendant des mois, commencez tout de suite. Et dans quelques mois… Vous aurez déjà bien avancé !

Vous pensez à un point que je n’ai pas abordé ? Dites-le moi dans les commentaires !

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